Samedi 31 mai 2003
CORSE
Sarkozy annonce une série de mesures
Au second jour de sa visite en Corse, le ministre de l’Intérieur a annoncé samedi une série de mesures pour renforcer les services publics, notamment en Haute-Corse, sur fond de manifestations hostiles au gouvernement.
Mis en ligne le 31 mai 2003
Au deuxième jour de sa visite en Corse, Nicolas Sarkozy a rencontré dans la matinée les syndicats des personnels de l'Etat, inquiets pour leur avenir avec la création d'une collectivité unique en cas de victoire du "oui". Le ministre de l’Intérieur a profité de cette occasion pour annoncer des mesures pour "renforcer les services publics", spécialement à Bastia, dans le but de rassurer les élus et électeurs qui craignent une perte d'influence au profit de la Corse-du-Sud avec le projet de création d'une collectivité unique.
Bastia gardera son influence
"Il n'est pas question de supprimer des services déconcentrés de l'Etat en Haute-Corse", a assuré le ministre. "La réorganisation institutionnelle ne conduira pas à une concentration des pouvoirs à Ajaccio", où siège l'assemblée de Corse, a ajouté Nicolas Sarkozy en précisant que le préfet de Haute-Corse ne sera ni "un pseudo-préfet" ni "un préfet au rabais" mais "un préfet de plein exercice". Il a par ailleurs annoncé le déblocage de quinze millions d'euros pour la rénovation ou la reconstruction de la préfecture à Bastia, ainsi que le "renforcement" de plusieurs services de l'Etat, avec notamment l'implantation de l'un des dix centres de préparation aux concours administratifs prévus au plan national.
Plusieurs élus de Haute-Corse, au premier rang desquels le député-maire de Bastia, Emile Zuccarelli (PRG), appellent à voter "non" à la consultation du 6 juillet en estimant que le nouveau statut de l'île entraînera un désengagement de l'Etat dans le nord de l'île, au bénéfice du sud.
Le ministre chahuté
Environ 200 manifestants, dont de nombreux enseignants, rassemblés devant la préfecture de Haute-Corse, ont en revanche conspué le gouvernement aux cris de "Raffarin démission", en lançant des aubergines et des oranges. Ils protestaient notamment contre la réforme des retraites et la régionalisation.
Cette manifestation est intervenue après celles qui avaient accueilli vendredi le ministre de l'Intérieur à l'université de Corte (Haute-Corse). Les manifestants, criant des slogans hostiles au gouvernement et réclamant la "démission" de Nicolas Sarkozy, ont tenté de pénétrer dans les locaux de l'université en brisant la vitre d'une des portes principales, avant d'être refoulés avec l'arrivée des CRS. Les manifestants, au nombre de 70 selon la police, n'étaient pas des étudiants. Nicolas Sarkozy a rencontré à huis-clos des responsables de l'université. Il leur a annoncé des mesures afin de satisfaire l'une des principales revendications des universitaires depuis une quinzaine d'années, visant à permettre le développement de la plus petite université de France, avec 3.500 étudiants. Il a également annoncé des dispositions en vue de la construction de nouveaux bâtiments, l'accroissement des effectifs de cette université qui "incarne depuis sa création l'identité corse."
ericjeanloicbreton |
| 2003-05-31 13:31:11
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